RICHARD CAILLAT


 

 

 

Olympia, un soir de juin. Affaissé sur son siège, mon élégant voisin, venu seul, la soixantaine et les tempes grisonnantes, garde les yeux vissés sur son téléphone durant l’immense majorité du spectacle. De temps en temps, il lève la tête, et regarde autour de lui d’un air las. Quand le public se lève pour communier avec les artistes présents sur scène, il s’échappe. En réalité, cet homme est producteur. C’est donc ça, être producteur ? Assister pour la énième fois au même spectacle, et s’y ennuyer ostensiblement ? Pas forcément. Prenez Richard Caillat, président du conseil de surveillance d’HighCo, spécialisée dans la communication hors média auprès de la grande distribution. Aujourd’hui, l’entrepreneur a fait de son métier sa passion, en prenant la tête de deux des plus grands théâtres parisiens, et en devenant producteur de spectacles. Un producteur animé par son activité, éternellement émerveillé par la magie du théâtre, et foncièrement singulier. Cette singularité, il en parle dans un livre (« Be Blue Cat… Être singulier ou ne pas être » écrit avec Alix Landau-Brijatoff) dans lequel il sépare les chats gris (l’immense majorité de la population) des chats bleus, beaucoup plus rares, remarqués, et remarquables. Méfiance, il y a aussi des usurpateurs. Les FBC, Faux Blue Cats, comme Richard Caillat les surnomme. En compagnie de ce supporter de l’OM, également engagé auprès du club, nous nous sommes d’abord penchés sur l’homme qui fait l’actualité en ce début du mois d’août…


Bielsa : vrai ou faux Blue Cat (NDLR : l’entraîneur de l’OM, surnommé « El Loco », a démissionné de manière inattendue au soir de la première journée de Ligue 1) ?

Vrai blue cat ! Pour moi, un Blue Cat, c’est quelqu’un qui est singulier, et qui laisse s’exprimer cette singularité. Blue Cat, on l’est tous au fond de nous. On a tous une petite lumière, une étincelle. Malheureusement, dans la vie d’un enfant, de la maternelle jusqu’à la fin de ses études, personne ne s’intéresse réellement à ce que vous êtes. A aucun moment, un éducateur, ou un professeur, ne vient vous parler de vous, vous demander : « Qui es-tu ? », « Quel est ton rêve intime ? », « Quelle est ton histoire », « Quelles sont tes forces, tes limites, et tes inquiétudes ? », « Quels sont tes modèles ? », etc. Un Blue Cat, c’est quelqu’un qui va faire ce travail de questionnement, le plus souvent seul. Ainsi, il découvre quelle est sa personnalité réelle, et sa singularité, pour aller au bout de lui-même, de ses convictions et de ses envies. Grâce à ça, le Blue Cat arrive à être en harmonie entre ce qu’il rêvait d’être, et ce qu’il est devenu. Bielsa, c’est tout à fait ça ! C’est un mec qui est dans son monde, et qui va au bout de ses convictions. Les gens disent que c’est un grand acteur. Je ne crois pas. On l’appelle « El Loco », et je pense que oui, il est fou par rapport aux autres. Mais, est-ce que c’est lui qui est fou, ou est-ce que ce sont les autres ? Ça, on ne le saura jamais. En tout cas, oui, c’est un Blue Cat !

L’aspect calculateur, voire machiavélique, qu’il a montré dans la façon dont il a orchestré son départ n’altère-t-il pas son côté Blue Cat ?

Il n’est pas calculateur, je ne crois pas. C’est un mec qui réagit comme ça, qui n’est prêt à aucune concession. S’il ne veut pas aller voir les supporters, il ne va pas les voir. S’il ne veut pas regarder les journalistes dans les yeux, il ne les regarde pas dans les yeux. S’il n’a pas envie de parler à son président pendant un an, il ne parle pas à son président. Et s’il a envie de partir, il part !

Tout a semblé scénarisé, entre le moment où il a pris sa décision, et celui où il l’a annoncée (NDLR : Entre temps, Bielsa avait tenu une conférence de presse durant laquelle il avait rappelé son attachement à l’OM, et confirmé son accord sur les termes du contrat qu’il devait signer très prochainement).

Je ne pense pas. C’est seulement quelqu’un qui ne pense et qui ne réagit pas comme les autres. Déjà, il va discuter directement avec l’avocat de l’actionnaire majoritaire du club, alors que tout le monde, joueurs et entraîneurs, a un agent pour servir d’intermédiaire. Aujourd’hui, dans le foot, c’est le règne des agents. Lui, il y va tout seul. Ça n’existe pas, ça. (citant des exemples) L’entraînement reprend, il n’est pas là. Ça n’existe pas. Le championnat démarre, il n’a pas signé son contrat. Ça n’existe pas. Avec Bielsa, on est vraiment HORS FORMAT, pour le coup ! Voilà. Je ne crois pas qu’on puisse y voir un calcul de sa part. Il s’est retrouvé face à des gens qui n’étaient pas porteurs de la parole qu’on lui avait donnée plus tôt. Considérant qu’il n’est pas respecté, et que l’accord n’est pas conforme à ce qu’il souhaitait : il part. Regardez comment il a annoncé ça (rires) ! Il a parlé du match comme si de rien n’était, et, d’un coup, il dit : « J’ai quelques chose à vous annoncer ! ». C’est un autiste total ! Pour très bien connaître les gens qui travaillent avec lui (NDRL : Richard Caillat collabore avec l’Olympique de Marseille via « OM Events », le club des partenaires qu’il a fondé en 2006), je peux vous l’assurer. C’est un mec qui a un rapport aux autres qui est handicapant. Oui, c’est un handicap. C’est pourquoi on ne peut pas le soupçonner d’avoir orchestré tout ça. Regardez-le, on voit bien qu’il ne sait pas gérer ses émotions, ni la façon dont il organise son message. Même ses joueurs ne comprenaient rien à ce qu’il disait (rires) !

Pour revenir à vous, à quel moment avez-vous compris que vous étiez singulier ?

Ça remonte à quand j’étais enfant, et que j’entendais des gens dire : « Ah ! J’aurais tellement aimé vivre à New-York ! », « J’aurais tellement aimé avoir un restaurant ! ». Moi, j’étais môme, et je pensais : « Comment c’est possible de dire ça ? ». J’avais envie de leur demander : « Mais, est-ce que tu as essayé, déjà ? ». Très vite, j’ai constaté que ces gens-là n’avaient jamais essayé. De mon côté, par quelques éclairs, je me suis rendu compte que tout était possible. Notamment grâce à des gens qui, un peu à l’américaine, m’ont montré qu’il n’y avait pas de limite. Des mecs comme Bernard Tapie, qui, à l’époque, sortaient de nulle part, et y sont arrivés. Avant ça, créer une entreprise me paraissait réservé aux gens les plus brillants, les plus fortunés, ou les plus animés par ça. J’avais le sentiment que ce n’était pas pour moi. Et puis j’ai fini par m’apercevoir que créer une entreprise était à la portée de 90% des gens. Sauf que sur cette large majorité, beaucoup ne le font pas. Soit parce qu’il n’en ont pas envie. Soit parce qu’ils ne s’en sentent pas capables. Moi, j’y suis arrivé avec une certaine inconscience. Et, aussi, en voyant que ce que je faisais dans la vie fonctionnait pas mal. Quand j’étais étudiant, j’avais écrit à une chaîne de télé, et j’ai été pris. Tout le monde me disait : « Waouh ! T’as un super stage ! ». Ouais, c’est vrai, mais pour l’avoir, j’ai essayé ! Ma singularité s’est construite ainsi. A la fois par le constat que je faisais concernant les adultes que j’avais entendus pendant mon enfance, et aussi sur le fait que, quand on veut vraiment quelque chose et qu’on se donne les moyens de l’obtenir, la plupart du temps, on y parvient.

En début d’entretien, vous avez livré votre regard sur l’école. De la maternelle jusqu’à vos études supérieures, vous avez eu le sentiment d’y être formaté ?

A l’école, on n’apprend pas grand chose. On est dans un système, on accompagne un grand mouvement de fond pour recevoir une base d’éducation, de méthodes. Mais, on n’y apprend pas être soi-même, à sortir des codes imposés. Or, le nom des collèges est souvent attribué à des personnages qui ont dit « non » au système. A l’école, on vous dit : « C’est comme ça qu’on écrit, qu’on calcule ». On vous donne une méthode, une ligne tracée. Si vous voulez suivre un autre chemin, on vous bride quasi-systématiquement. Ensuite, quand vous rentrez dans la vie d’entreprise, on vous donnera une autre méthode. Mais, à aucun moment, on ne vous demande de faire comme vous l’imaginez, ou comme vous le sentez. A l’école, chacun a son cahier de maths, son cahier de français, et son cahier d’histoire. Sur cent mômes, deux ou trois auront une conscience différente de leur organisation, et préféreront écrire sur un bloc, ou mettre des feuilles dans un classeur. Pourtant, on va leur dire non. Dans une entreprise, si un type veut bosser de dix heures du matin, jusqu’à vingt trois heures, on va lui dire non, parce que, dans une société, on démarre à huit heures, ou neuf heures. Bien sûr, il est nécessaire de garder un certain cadre. Mais, je pense qu’il est primordial de laisser les convictions intimes s’exprimer, dès lors qu’elles sont motivées par de bonnes raisons. Moi, si quelqu’un habite à Marseille et qu’il ne peut pas venir à Paris, il bosse chez lui. Ça ne me gêne pas, à partir du moment où il est heureux, et que le travail est bien fait. Attention, si c’est un mec qui reste dans le sud pour jouer aux boules et aller à la plage, ça ne m’intéresse pas. Mais c’est vrai que, par nature, je fais confiance aux gens et en leurs méthodes, si celles-ci sont efficaces et leurs correspondent.

Si vous deviez réformer l’école, ce serait pour laisser plus de libertés individuelles à chacun…

Oui, et en donnant l’occasion aux enfants de rencontrer des gens, des parcours, pour les aider à se découvrir eux-mêmes.

Une école a-t-elle envie de recevoir quelqu’un comme vous, avec le discours que vous tenez ?

J’ai fait quelques interviews dans les écoles, et j’ai toujours dit aux enfants : « N’obéissez pas ! Faites ce que vous avez envie de faire ! Soyez vous-même ! ». Entre quinze et vingt ans, si on n’a pas envie de tout envoyer balader et de tout révolutionner, et si on est seulement là pour obéir, c’est terrible. Après, c’est mort. On entre dans la vie active : il faut s’assumer, payer les loyers, rembourser les crédits, etc. La liberté est sacrément altérée. Alors qu’entre quinze et vingt-cinq ans, tout est possible.

Vous parlez de cette liberté qui se perd au fil des années. L’une de vos réussites n’est-elle pas, justement, d’avoir su la conserver, contrairement à l’immense majorité de la population ?

Ma liberté vient du fait que j’entreprends, et que, par définition, je suis mon propre patron. Mais je pense que tout le monde peut être son propre patron, vous savez. Sauf si vous entrez dans une boîte où tout est réglementé, codifié. Quoi qu’il arrive, il y a deux façons d’être. Certains vont être passifs, se contenteront d’appliquer et de subir. Tandis que d’autres se renseigneront sur les évolutions possibles, essaieront de saisir telle ou telle opportunité. Ceux-là feront des propositions, voudront faire rayonner leur travail ou leurs services. Voilà deux façons de faire le même job, dans la même organisation. Chacun a la capacité de décider comment il use de sa liberté. La liberté, c’est aussi de partir quand une organisation, les individus qui la composent, ou les méthodes de travail ne nous conviennent pas. Si on est sérieux, travailleur, courageux, on retrouvera du boulot, dans la majorité des cas.

 


En 1988, après vos études, vous avez rejoint les rangs de « La Cinq », où vous étiez chargé de mettre en place la politique interactive de la chaîne. Les propos plutôt incisifs que vous tenez sur la télévision dans le livre que nous évoquions tout à l’heure trouvent-ils leur origine dans cette expérience ?

La télé, c’est un monde virtuel, un monde où les ego sont totalement déformés, et où l’on pense détenir le saint des saints. Travailler à la télé, c’est fascinant, mais ça ne m’a pas plu. La télé d’il y a vingt-cinq ans et celle d’aujourd’hui, ce n’est plus la même chose. A l’époque, il y avait cinq chaînes, et il n’y avait pas non plus internet. C’est un monde qui ne dit rien à quelqu’un comme vous. La télé était presque un passage obligé, alors qu’aujourd’hui, beaucoup de gens ne regardent plus la télé. Le rapport à la télé a complètement changé. La télé déforme, elle manipule. Les programmes les plus intéressants, les plus éducatifs, et les plus ouverts, sont également ceux qui sont les moins regardés. Au contraire, les plus regardés sont souvent les plus réducteurs sur le fond. Dans la forme, ils sont évidemment les plus divertissants. Aujourd’hui, il y a un recul vis-à-vis de la télé, qui finira par devenir un complètement d’internet.

Il y a plus de vérité dans le théâtre. C’est un univers qui vous correspond davantage ?

Au-delà de tout le reste, c’est la magie du théâtre qui m’attire. On peut diriger des entreprises aux quatre coins du monde, tout savoir sur tout, en temps réel. Mais le théâtre, c’est autre chose : c’est un rendez-vous à un instant donné entre des acteurs et des spectateurs. Le théâtre dégage une magie colossale. Quand le rideau se lève, waouh ! La magie, c’est aussi celle qui est universelle. Avec des enfants, l’une des premières choses que l’on fait, c’est de raconter une histoire, pour les endormir, pour les divertir, ou pour les éduquer. Le théâtre, c’est la prolongation de cette part d’enfance. C’est l’expression la plus pure, et la plus noble, de personnes venant vous raconter une histoire. En tant que spectateur, on retrouve une position assez enfantine. C’est quelque chose de très riche. Il y a des gens qui passent leur vie à inventer ces histoires, d’autres qui passent leur vie à les mettre en scène, et ceux qui passent leur vie à les raconter. Quelque part, ces gens-là passent leur vie à s’occuper des autres, à les éduquer comme à les divertir. Finalement, on travaille tous, on a tous nos problèmes, qu’ils soient familiaux, professionnels, ou de santé. Tous. Et puis, il y a ces moments où on s’échappe. Pour certains, c’est grâce à la pratique d’une activité, notamment sportive. Et puis, pour la majorité de la planète, la récompense principale, c’est de regarder un film, ou d’écouter de la musique. Pour moi, le théâtre, c’est le film en mouvement dans son salon.

C’est fascinant de vous entendre sur cette passion, alors qu’en ayant les pieds dans l’arrière cuisine, dans les montages financiers, cette magie pourrait avoir disparu…

La différence, c’est que j’ai cette passion depuis trente-cinq ans (rires) ! Et que c’est justement par passion que je me suis lancé dans ce métier. Pas pour gagner de l’argent, ou parce que je cherchais du boulot. Je suis producteur, et je vais sans doute le devenir de plus en plus avec les années, mais, quoi qu’il arrive, proportionnellement, je serai toujours plus spectateur que producteur. Il y a des dizaines d’années, certains producteurs ont démarré leurs carrières dans les coulisses, et n’ont connu que l’envers du décor. Moi, depuis des dizaines d’années, je suis dans la salle. Forcément, il y aura toujours ce décalage entre eux et moi…

C’est un point fort…

Ça, on verra avec le temps. Comme dans tous les métiers, les gens du théâtre y sont depuis toujours. Si demain, Jean Dujardin lance une agence de pub, il sera forcément en décalage avec les autres agences. Ils vont tous se demander ce que Dujardin vient faire là, et ce qu’il va proposer de nouveau. Même si je le fais avec humilité, le fait que j’arrive du monde du marketing et de la finance provoque un rejet chez beaucoup. Comme si le directeur de Coca, ou de L’Oréal disait : « Mais Dujardin, qu’est-ce qu’il va m’apporter ce saltimbanque ? J’en ai rien à foutre ! Qu’il fasse son métier ! ». Pour moi, c’est pareil. D’emblée, certains m’écartent, et me rejettent, en disant : « Ce mec-là, il se fait plaisir en s’achetant des théâtres parce qu’il a bien gagné sa vie ! Ce sont ses danseuses ! ». Et puis, il y a en a d’autres qui se disent : « Tiens, c’est intéressant d’avoir l’avis de ce mec qui connaît la finance, le marketing, internet, et l’entreprenariat au sens large du terme ! ». Dans un milieu classique, pour ne pas dire artisanal comme l’est le théâtre, il y a quand même des gens que ça intéresse…

Depuis cinq ans et la coproduction de votre première pièce (NDLR : « La mère » de Florian Zeller), les préjugés se sont-ils atténués ?

J’ai fait des choses très différentes, très pointues, comme « La Mère » de Florian Zeller, pour laquelle Catherine Hiegel a reçu un Molière. D’autres, qui ont été de grands succès, comme « Nos femmes », avec Daniel Auteuil, Richard Berry, ou Jean Reno. J’ai amené vente-privée à acquérir deux magnifiques théâtres (NDLR : le Théâtre de Paris, et celui de La Michodière), qui fonctionnent très bien. De fait, les gens, qui me condamnaient a priori, ont revu leur jugement, en raison de ma sincérité, de ma passion, et de la qualité artistique de ce que j’ai proposé. Une barrière s’enlève petit à petit. Mais, dans le même temps, j’agace aussi des gens qui commencent à se dire que j’en fais trop, puisque ma place sur ce marché devient assez significative. C’est paradoxal : ceux qui ne m’aimaient pas au départ  commencent à me respecter, tandis que ceux qui m’appréciaient peuvent aujourd’hui s’agacer de me voir m’installer, et prendre une place intéressante sur ce marché.

Concrètement, votre travail se limite-t-il à l’approche marketing, ou concerne-t-il aussi le volet artistique des pièces que vous programmez et produisez ?

L’artistique est la base de mon travail : lire les pièces, rencontrer les artistes, et mettre en place les projets. La grande majorité de ma réflexion porte sur la programmation. L’auteur, le choix du casting, du metteur en scène, et de la salle. Voilà. Le reste, c’est de la mécanique. La production de spectacles, ce n’est pas très compliqué, une fois que vous avez le contenu de la pièce, l’auteur, le bon metteur en scène, la bonne équipe artistique, la bonne salle, et le bon moment. Après, c’est quoi la production ? C’est la communication, la commercialisation, et la gestion du budget. A titre technique, c’est ce qu’il y a de plus facile pour moi. C’est très mécanique. Comme le dit mon associé Jacques-Antoine Granjon (NDLR : créateur du concept vente-privee.com) : « le plus important, c’est l’offre ». Quand on est producteur de spectacle, ce qui compte, c’est ce qu’on va présenter. Moi, une fois que je sais que j’ai Sardou/Chazel et Robin/Berléand dans deux très belles pièces, et dans des très beaux théâtres, j’ai déjà fait une grande partie du chemin. Après, il faut une belle affiche, il faut que mes commerciaux soient efficaces, que mes prix soient bien foutus, et que ma promotion soit bien pensée.

 


Vous venez de l’évoquer, pour ces deux pièces de rentrée, vous avez deux duos de comédiens extrêmement populaires. Muriel Robin/François Berléand d’un côté, Marie-Anne Chazel/Michel Sardou de l’autre. D’après les scènes sur lesquelles ils ont été programmés, est-ce que ça signifie que la force commerciale du premier duo est supérieure à celle du deuxième (NDLR : Le Théâtre de Paris contient 1 200 sièges, La Michodière 700) ?

Ah oui ! Muriel Robin, qui revient au théâtre, aux côtés de François Berléand, et dans une grosse comédie de Sébastien Thiéry, ça génère une grosse attente. Ça, c’est à moi de l’évaluer. L’attente autour de Muriel et la qualité de la pièce, peuvent faire un énorme hit.

Pour faire cette évaluation, vous avez tenu compte de la dernière pièce de Sardou (NDLR : « Si on recommençait » d’Eric-Emmanuel Schmitt), qui n’a pas connu le succès de ses précédentes tentatives ?

Oui. Il a voulu, et on lui a conseillé, partir dans une pièce un peu plus intellectuelle. C’était une très jolie pièce, et il était très bien, sauf que ce n’est pas là que son public a envie de le voir. Les gens qui l’aiment ont été voir la pièce, et n’ont pas retrouvé le Michel qu’ils aimaient. Dans cette production, il était la seule tête d’affiche, ce qui est toujours un risque au théâtre. En sortant, ceux qui aiment Michel ont été déstabilisés par le texte très subtil d’Eric-Emmanuel Schmitt. En revanche, ceux qui aiment Eric-Emmanuel Schmitt, n’étant pas forcément clients de Sardou, ne se sont pas toujours déplacés.

Je lis régulièrement des articles au sujet de la crise des théâtres, et sur le fait que, justement, plus personne n’est à l’abri. Pas même les grands noms. Prenons l’exemple d’Eddy Mitchell qui a joué chez vous, au Théâtre de Paris, dans « Un singe en hiver » (NDLR : du 27 février au 7 juin 2014). On peut parler de demi-succès… ou de semi-échec. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné selon vous ?

Je crois qu’Eddy a fait 700 personnes par soir, ce qui en faisait la troisième pièce la plus vue à Paris au cours de cette période. Maintenant, 700 places sur une capacité de 1 200, c’est ce que je vous disais… Ça a bien marché, mais ça n’a pas été un triomphe. Il y a plusieurs choses. Déjà, il y avait ce pari d’adapter un film à succès au théâtre, alors que généralement, c’est l’inverse qui se produit. Il y avait une comparaison inévitable. Les gens attendaient de voir du Gabin, mais Eddy n’a pas fait du Gabin. Il y avait une certaine nostalgie de la part du public. Ceux qui ne connaissaient pas le film sont venus, et sont tombés dans une histoire qu’ils ont pu trouver démodée. Mais, je pense que la perception de ce que vous appelez un « semi-échec » vient du fait qu’Eddy avait fait un carton dans « Le temps des cerises ». Sauf qu’à l’époque, la salle contenait 700 sièges ! S’il avait joué « Un singe en hiver » dans une salle de 700 places, tout le monde aurait parlé de triomphe…

Les critiques de la presse spécialisée étaient mitigées…

Ouais, bon, les critiques… Quel paramètre doit-on prendre en compte pour juger la réussite d’une pièce ? Le seul baromètre qui m’intéresse jusqu’à présent, c’est le public. Ce qui compte, c’est s’il est venu et s’il a aimé. Bon, il y a des pièces dithyrambiques où personne ne va. Je veux bien. D’ailleurs, j’en ai produites, moi aussi, et j’en suis très fier ! Pour autant, on ne peut pas s’en satisfaire. Si le public n’est pas venu, ou que celui qui est venu n’a pas donné l’envie aux autres de se déplacer, c’est que quelque chose n’a pas marché, même si les critiques de la presse ont été excellentes.

Un metteur en scène expliquait que si le bouche-à-oreille des premières ne fonctionnait pas, c’était impossible de redresser le tir. Vous êtes d’accord ?

Au-delà de ça, ce que je constate, c’est que la majorité des producteurs de théâtre travaille très tard. Ils affichent, puis attendent que la pièce soit prête pour faire des photos, pour la montrer aux journalistes, etc. Sauf que la pièce est déjà en route. Il y a un vrai anachronisme, selon moi. Au cinéma, un film est prêt des mois, et des mois à l’avance. On en fait la promotion, on diffuse une bande-annonce, etc. Vous le savez, je viens du marketing. Là, quand on lance un nouveau shampoing, il est prêt des mois à l’avance, et on l’a présenté aux grandes surfaces, aux journalistes, et au public. Tout le monde sait qu’il va sortir. Du coup, le jour où il sort : Boum ! Ça explose. Au théâtre, on s’installe d’abord, et ensuite on fait venir la presse. Mon parti pris est à l’opposé de ça : c’est-à-dire que je veux travailler très vite, j’ouvre la location très tôt, et je lance des bandes-annonces, ce qui ne se faisait pas au théâtre. Très tôt, des teasers sont publiés sur les sites internet de billetteries, afin de donner envie au public et à la presse. Tout ça est également posté sur les sites des théâtres, sur les réseaux sociaux des artistes. En agissant ainsi, je travaille l’envie. Comme ça, les artistes démarrent dans une salle bien pleine, notamment grâce au dispositif mis en place avec vente-privée.com. Après, bien sûr, il faut que la pièce soit bonne. Si on prend l’exemple de « Nos femmes » : le soir de la première, j’ai filmé la standing ovation de dix minutes. C’est parti sur les réseaux sociaux, et on a balancé un communiqué de presse pour le faire savoir. Bien sûr, le bouche-à-oreille porte ses fruits, mais il faut l’accompagner.  Nous sommes à une époque où on manque de temps : on peut difficilement garder une pièce deux ou trois mois à l’affiche, en attendant que le bouche-à-oreilles fasse effet. Il y a quelques cas particuliers extraordinaires, mais je pense que la production, et le théâtre, doivent se mobilier avant la pièce, et quand celle-ci démarre. Pour répondre à votre question de manière très synthétique : le bouche-à-oreille, je m’en sers, je l’amplifie, et j’essaie de créer une caisse de résonnance en parallèle.

Ces techniques peu communes au théâtre portent-elles déjà leurs fruits ?

Je le vois sur mes théâtres qui se portent bien, avec un taux de remplissage plutôt élevé. On a mis en place une série de mécanismes liés à la communication, la commercialisation, la promotion, et même la relation avec nos spectateurs, qui font que je peux dire que notre théâtre travaille plutôt mieux que d’autres. Même si nous ne sommes pas les seuls à bien travailler…

Ces mécanismes réduisent l’incertitude, mais le public reste un mystère. Vous ne pouvez pas assurer le succès pour vos deux pièces de rentrée…


Si, je peux. Les pièces sont bonnes, les comédiens sont bons, les metteurs en scène le sont aussi, les décors sont beaux, donc je sais que ça va marcher.

Pour « Momo » (NDLR : avec Muriel Robin et François Berléand), vous pourriez pronostiquer un succès similaire à celui de « Nos femmes » ?

« Nos femmes », c’était exceptionnel. Je ne peux pas être sûr d’avoir 100% de remplissage chaque soir : ça n’arrive jamais. Mais vous dire que « Momo » sera la pièce numéro un de la saison, oui. Je peux vous le signer tout de suite, si vous voulez.

Et pour « Représailles » ?

Elle fera partie des trois, quatre succès de la saison.

Cet optimisme, vous l’avez à chaque rentrée théâtrale ?

Ah non ! L’an dernier, j’avais Adjani dans une pièce très sombre, avec un parti pris difficile. Sans oublier qu’Isabelle est quelqu’un de très complexe. A vrai dire, je ne savais pas du tout où j’allais. A La Michodière, j’avais « Le dîner de con », avec un casting totalement renouvelé, et sans tête d’affiche. Je n’avais aucune certitude. Cette année, je sais que ça va le faire. Pour en revenir à lui, l’an dernier, les gens n’avaient pas envie de voir Michel dans une pièce très intello ! Cette année, oui. L’affiche, elle est réussie, alors que l’année dernière, franchement, elle était moche ! Le pré-travail qui a été fait va permettre à la pièce de démarrer avec beaucoup de monde dans la salle. Et puis, à ses côtés, il a Marie-Anne qui est très populaire, et qui est une vraie caution théâtrale. Tout ça, je ne l’invente pas : c’est factuel. L’envie est là, la qualité aussi. L’adéquation est totale entre les attentes du public et ce qui va être joué.

 


Votre état d’esprit varie-t-il selon les saisons ?

L’année dernière, j’ai récupéré La Michodière en catastrophe en juin, avec comme objectif de trouver une pièce pour le mois d’août. On a pris la meilleure décision possible, et avec succès. Au Théâtre de Paris, faire jouer Isabelle Adjani était compliqué : c’était un challenge. Voilà pourquoi je n’étais pas serein du tout, à la même époque, l’an dernier. Cette année, les risques sont maîtrisés. J’ai fait un vrai choix en programmant des comédies. Le public a envie de ça, et les acteurs ont besoin de se refaire la cerise sur des succès.

Il y a cinq ans, c’est votre rencontre avec Stéphane Hillel qui a été déterminante au moment de vous lancer…

C’est lui qui m’a permis de mettre un pied dans une coproduction au début, et de voir comment ça se passait. Il m’a ensuite mis en contact avec des gens pour acheter un théâtre. Il m’a aidé, m’a conseillé. Aujourd’hui, c’est mon associé, mon partenaire, mon ami. Cette rencontre a changé beaucoup de choses pour moi…

Si votre première coproduction (NDLR : « La mère » de Florian Zeller) avait été un échec, auriez-vous pu abandonner l’idée d’investir dans ce milieu ?

Vous savez, la pièce n’a pas fonctionné. On a eu un Molière, mais j’ai perdu de l’argent. C’est vrai, la pièce était belle, mais dans la salle, il n’y avait pas grand monde. Les pièces d’après, jusqu’à « Calamity Jane » (NDLR : de Jean-Noël Fenwick, avec Clémentine Célarié et Yvan Le Bolloc’h), ont été un cataclysme économique ! Sur chaque pièce, j’ai perdu…

Malgré ça, votre motivation est restée intacte…

Je ne dirai pas « malgré ça ». En perdant de l’argent, je voyais aussi les conneries que j’avais faites, et j’apprenais. Je voyais ce qui n’allait pas dans ma façon de produire. Par ailleurs, Stéphane (NDLR : Hillel) et le théâtre perdaient aussi un peu d’argent. Quand j’ai compris mes erreurs, j’ai dit à Stéphane qu’il fallait qu’on possède un théâtre, qu’on détienne les clés. Ainsi, je savais qu’on pourrait mettre en place un modèle gagnant. Stéphane m’a fait confiance, et a demandé à son boss de l’époque (NDLR : Alain Duménil) de vendre le théâtre. Ce qu’il a fait.

On parlait d’échecs, de succès. A vos yeux, l’échec, c’est plutôt une pièce pas aboutie artistiquement, ou c’est celle qui ne trouve pas son public ?

L’échec, c’est si le public ne vient pas, et que les acteurs sont malheureux. Après, il y a des échecs qu’on ne regrette pas, car ce sont de très beaux objets artistiques. Il y en a d’autres qu’on regrette, en raison de mauvais choix : là, ce sont des échecs absolus. Après, c’est aussi une règle du jeu qu’on se doit d’intégrer. On ne peut pas toujours plaire, on ne peut pas toujours rafler la mise, on ne peut pas toujours être au rendez-vous de ce que les gens ont envie de voir ou pas.

Dans le livre que nous évoquions tout à l’heure, vous écrivez que « le moindre signe de fatigue, de découragement entraîne la fin du statut de blue cat ». Ça signifie que vous n’êtes pas sujet au doute, ni à la lassitude ?

Si, bien sûr. L’année dernière, je n’étais pas très bien. J’étais fatigué : la pièce avec Adjani ne marchait pas, les gens n’étaient pas heureux, et ma vie personnelle était, elle aussi, assez compliquée. Dans ces moments-là, on est fatigué psychologiquement. On a la charge d’une société de mille personnes (NDLR : HighCo), de deux théâtres, d’artistes, d’une famille. Et puis, on a aussi sa charge intime. Après, l’une de mes qualités, c’est de ne jamais lâcher. On peut craquer, mais pas abandonner. Mon parcours chez HighCo a été marqué par des moments où les voyants étaient dans le rouge, où la mort de l’entreprise était programmée. Les clients, les banques, et tous les gens autour vous disent morts. Et vous, vous refusez ça. Vous arrivez à sauver l’entreprise, et vous lui permettez de redémarrer. Pour y parvenir, il y a de la sueur, des larmes, des nuits blanches. C’est pareil pour les mecs qui montent sur scène. Certains débutent, et ça ne marche pas. Là, ils arrêtent, disant que c’est trop dur. Et puis il y en a d’autres qui continuent, qui continuent, jusqu’au jour où ça fonctionne. C’est la même chose pour les entrepreneurs. Au début, ça commence presque toujours par ne pas marcher. Et si par chance on connaît le succès au début, il y aura forcément un moment où ça sera plus difficile ensuite. C’est la vie, avec ses zones d’apprentissages, ses périodes de constructions fondamentales. Tout à l’heure, vous étiez étonné de constater que j’avais continué malgré le fait que je perdais de l’argent. Oui, mais moi j’avançais, j’apprenais. En général, quand ça ne marche pas, personne n’est là pour vous : ni vos associés, ni les banquiers. Même les gens qui vous aiment finissent par vous dire : « Richard, c’est pas pour toi le théâtre ! Tu t’es fait plaisir, mais maintenant c’est bon, arrête les frais ! ». Quand HighCo était au bord de la faillite : mêmes réactions. Tout le monde voulait que je vende…

Pas vous.

Non, pas moi. J’avais ce que j’appelle l’étincelle intime. Bien sûr, il y a des moments où il faut savoir dire stop. C’est comme dans un couple : quand on est arrivé à la fin de l’histoire, il faut avoir la lucidité de se dire que c’est fini. Au théâtre, il faut avoir le courage d’arrêter une pièce quand elle ne prend pas. Sur HighCo, il y a des activités qu’il faut avoir le courage de vendre, ou de fermer. Voilà. Après, si vous partez en mer et que vous prenez du gros temps, des vagues, et de la pluie, vous faites quoi ? Vous pouvez faire demi-tour, ou laisser faire l’équipage. Mais vous pouvez aussi tenir le cap, chercher les solutions. Un vrai entrepreneur, il ne va pas pleurer, ni démissionner. Non, il va jusqu’au bout. Continuer à se battre, arrêter de se plaindre, c’est important. Malheureusement, c’est un état d’esprit qui semble manquer à beaucoup de gens dans la vie…

 


Vous ressentez de la fierté ?

Je suis plus fier des renaissances que des créations. C’est le cas pour HighCo, dont l’ascension avait été fulgurante, mais aussi pour le théâtre. Je suis plus fier d’avoir réussi à redresser la barre, cette année, après une saison difficile, que d’avoir fait un coup d’éclat avec « Nos femmes ». Certains vous diront que c’est un coup de chance : je ne crois pas. Déjà, il fallait convaincre Daniel Auteuil de venir au théâtre, convaincre le théâtre de programmer Eric Assous (NDLR : l’auteur de la pièce) dans une grande salle, ce qui n’avait jamais été fait, convaincre une société comme vente-privée.com de venir dans le théâtre, etc. Maintenant, je le répète, je suis plus fier d’avoir su redresser la barre après le trou d’air que nous avons connu dernièrement. Dans les années 90, je peux citer cinquante sociétés qui ont connu des départs fulgurants, qui sont entrés en bourse, et qui valaient dix fois plus que nous. Seulement, aujourd’hui, il n’en reste rien, parce que les mecs les ont revendues, ou fermées. A l’époque, avec la bourse, c’était le règne de l’éphémère. Moi, les mecs qui valaient dix fois HighCo et qui ont pris des chèques pour aller faire du voilier, ils ne m’intéressent pas. Je ne me place pas dans cette catégorie-là. Moi, je me situe dans la catégorie des entrepreneurs, des bâtisseurs, pas des spéculateurs. Même chose au théâtre. Aujourd’hui, je pense que le théâtre français doit avoir un nouveau modèle, avec des groupes qui détiennent plusieurs salles, et une économie moins basée sur l’aide et l’assistanat public : par nécessité et aussi par éthique. Je pense qu’on peut avoir une culture populaire et privée. A Londres ou à New-York, il n’y a pas de théâtre qui appartienne à de vieux messieurs de quatre-vingt ans. Grâce au travail effectué aux côtés de vente-privée.com, et de mes associés Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel et Marc Simoncini, je pense qu’on peut développer un nouveau modèle. Aujourd’hui, je suis dans cette logique, qui est une stratégie à moyen terme, qui allie ma passion, mes compétences, et ma vision sur le monde dans lequel on vit. Après, j’entends dire que quand on a une passion, il ne faut pas y travailler. Ça, c’est une grosse connerie. Au même titre que ceux qui disent qu’on ne quitte pas un boulot avant d’en avoir trouvé un autre. Tout ça, franchement, ce sont des conneries ! A vrai dire, je me fous un peu de ce que j’entends. Je parle de ce en quoi je crois. Chez HighCo, ou chez Arts Live, la boîte d’entertainment que j’ai créée il y a cinq ans, je ne pense pas avoir fait trop de conneries, ou dit trop de contresens. Et quand bien même je fais des erreurs, je les assume, et je sais les utiliser pour reconstruire un peu plus solidement derrière.

Vous l’avez répété plusieurs fois au cours de cette discussion : vous avez la volonté que le public, et les comédiens qui travaillent pour vous soient heureux. Vous l’êtes, vous aussi ?

Heureux et fier, oui ! Je m’éclate tous les matins. Vous voyez, là, je vous quitte, et je vais retrouver Sardou et Chazel pour bosser. J’ai beaucoup de projets, et tout ce que je fais me plaît. Tout me plaît ! Et puis, autour de moi, j’ai des gens que j’aime, des gens intéressants. Alors, oui, je suis hyper heureux. Et puis, je suis fier. Fier d’HighCo, de par sa pérennité et les valeurs qu’elle défend. Et je suis fier de ce qu’on est en train de faire au théâtre. Attention, je ne donne de leçon à personne, je n’ai aucune arrogance, et j’ai toujours la volonté d’apprendre. Mais oui, je suis heureux comme je ne l’ai jamais été…

 

RICHARD CAILLAT

2 commentaires sur “RICHARD CAILLAT

  • 20 septembre 2015 à 2015-09-20T14:51:00+00:000000000030201509
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    Encore un excellent interview comme tu sais les faire Bastien
    J’ai bien apprécié le petit clin d’oeil à Michel SARDOU avec sa pièce Représailles.

    Répondre
  • 20 septembre 2015 à 2015-09-20T14:52:11+00:000000001130201509
    Permalink

    Encore un excellent interview comme tu sais les faire Bastien
    J’ai bien apprécié ce petit clin d’oeil à Michel SARDOU avec sa pièce Représailles.

    Répondre

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